La végétalisation par les phytotechnologies​

LA PHYTOTECHNOLOGIE POUR TRAITER LES EAUX PLUVIALES

On peut ajouter des végétaux dans le bassin versant pour épurer les eaux usées. Autour du lac, les eaux usées domestiques sont gérées par le réseau d’égout sanitaire qui les achemine à l’usine d’épuration de la Ville de Québec. Les eaux pluviales sont gérées soit par le même réseau que les eaux  sanitaires ou soit par un réseau à part. Généralement, les eaux pluviales sont évacuées au plan d’eau le plus proche, et c’est tant mieux car le lac a besoin de cette eau. L’ennui, c’est qu’elle n’est généralement pas de bonne qualité. Nous savons que l’eau de pluie qui ruisselle sur les surfaces imperméables ou les sols imperméabilisés se chargent en polluants présents sur son trajet.

Pour enlever ces polluants et donner au lac une eau pluviale épurée, on peut implanter des technologies qui utilisent les plantes aux pouvoirs épurateurs. Il s’agit d’abord de couper la route aux eaux pluviales en les captant et en les retenant un certain temps. Ensuite, ces eaux sont épurées par la phytotechnologie qui consiste essentiellement en un consortium sol-plantes-microorganismes.

LA PHYTOTECHNOLOGIE INSPIRÉE DU MARAIS NATUREL

Le marais naturel se forme près d’un cours d’eau par la croissances de plantes aquatiques qui s’enracinent dans un milieu propice à leur développement. Les plantes  ont été introduites suite à des phénomènes naturels qui ont transporté les graines, tels les mouvements de l’eau, le vent ou les animaux.

Le marais artificiel filtrant est quant à lui, conçu par l’homme pour
traiter l’eau usée en s’inspirant des processus naturels de filtration.

Au Québec, les premiers marais filtrants ont fait leur apparition dans les années 90. C’est justement dans ces années-là, qu’au sud du lac Saint-Augustin, deux Marais Épurateurs Construits (MEC) ont été implantés pour l’épuration des eaux pluviales des quartiers environnants. Pour l’époque, c’était une technologie novatrice. Les MEC ont bien fonctionné les premières années, mais faute d’entretien régulier, ils sont aujourd’hui des sources de pollution pour le lac Saint-Augustin.

En 2021, la Ville de Saint-Augustin-de-Desmaures a entamé une démarche visant à rendre de nouveau fonctionnels les deux MEC.

Deux MEC sont implantés à Saint-Augustin-de-Desmaures, du côté sud du lac pour capter et épurer les eaux pluviales des quartiers avoisinants avant qu’elles n’atteignent le lac.

Marais filtrant Source SQP

LES MARAIS ÉPURATEURS DU LAC SAINT-AUGUSTIN

En 2019, l’organisme le CBLSA a mandaté l’organisme l’APEL pour vérifier l’état des deux MEC. Leur rapport de visite a confirmé les conclusions émises en 2007, 2008 et 2009.

En 2021, la Ville de Saint-Augustin-de-Desmaures a entamé une démarche visant à rendre de nouveau fonctionnels les deux MEC.

Les MEC sont constitués de quatre composantes : L’entrée d’eau, le bassin de réception, le bassin de filtration et la sortie d’eau.

LE MEC DE L’ARTIMON

Ce MEC est situé à l’extrémité sud-est du lac Saint-Augustin, au bout de la rue du même nom. Il draine les eaux pluviales du quartier environnant. L’eau qui sort du MEC de l’Artimon se déverse au lac par un ruisseau tributaire que l’on nomme T1 qui traverse un espace boisé et marécageux de la pointe nord-est avant de se déverser au lac. Le MEC de l’Artimon a été construit en 1991.

Source des photos : Carte interactive de la Ville de Québec, Google Earth et Pierre L. Landry.2004. Le domaine aquatique. Les Éditions La Liberté. Chapitre IV Aménagement et entretien d’un marais artificiel. Pp. 201-230.

Le MEC de l’Artimon au temps de sa construction en 1991

Localisation
Vue à vol d'oiseau
Photo : Pierre L. Landry
Photo : Pierre L. Landry
Photo : Pierre L. Landry
Photo : Pierre L. Landry

Le MEC de l’Artimon aujourd’hui

Photo : APEL
Photo : Pierre L. Landry

LE MEC DU VERGER

Le MEC du VERGER a été construit en 1996 pour filtrer les eaux pluviales du quartier du même nom. Il longe le sud du lac Saint-Augustin dans le secteur est du parc Riverain.  De forme rectangulaire, ce MEC mesurait au moment de sa conception environ 125 mètres de longueur pour 11,5 mètres de largeur. L’eau entre au bassin de réception par un tuyau de 750 mm. Elle est acheminée  au bassin de filtration en passant par dessus  un seuil en béton. Différentes espèces de plantes aquatiques ont été implantées dans les deux bassins, dont la quenouille et le roseau commun. À l’époque le roseau était considéré comme une plante aquatique performante pour l’épuration des eaux. Aujourd’hui, on sait que le roseau est avant tout une plante exotique envahissante qui menace la biodiversité d’un écosystème fragile. Heureusement, au MEC du Verger, c’est la quenouille qui  semble avoir pris le dessus, bien qu’on puisse distinguer quelques plumeaux de roseaux !

 Le contrôle du niveau d’eau et de vidange partielle du bassin est constitué d’un regard en béton de 2,9 mètres de hauteur par 1,2 mètres de diamètre. Sur ce regard est fixée une boîte grillagée qui prévient l’obstruction de cette sortie d’eau. Un tuyau de 375 mm de diamètre achemine les eaux filtrées vers le lac Saint-Augustin à travers un ruisseau tributaire nommé T10. Ce tributaire nous permet de vérifier la qualité de l’eau qui sort du MEC.

Le MEC du Verger au temps de sa construction en 1996

Localisation du MEC du Verger
Photo : Pierre L. Landry
Photo : Pierre L. Landry
Photo : Pierre L. Landry
Photo : Pierre L. Landry
L'ouvrage de référence des photos Pierre L. Landry

Le MEC du Verger aujourd’hui

Printemps
Été (avec envahissement de roseau)
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Automne