LES OPTIONS D'INTERVENTION SUR LES SYMPTÔMES

Les symptômes sous formes de plantes aquatiques ou d’algues bleu-vert se multiplient en raison du phosphore présent dans l’eau du lac et dans les sédiments. En théorie, si l’on agit sur les concentrations de phosphore dans le lac, on pourrait réduire la prolifération végétale.

EFFET DE DILUTION

On peut chercher à diluer les concentrations en phosphore dissous dans l’eau du lac en ajoutant de l’eau extérieure. Le lac possède une dynamique naturelle d’écoulement de son eau. Il est alimenté par de petits ruisseaux sans gros débit. Son eau se déverse par la décharge qui l’achemine au fleuve Saint-Laurent. Le taux de renouvellement de son eau est faible, les polluants ont donc tendance à y séjourner longtemps.

Si on ajoute de l’eau extérieure, il est possible qu’on puisse envisager d’augmenter le taux de renouvellement de son eau par un effet de chasse d’eau. En théorie, c’est intéressant. On a même une étude qui laisse croire que le fleuve Saint-Laurent pourrait être cette source extérieure d’eau.

En pratique, il reste beaucoup d’incertitudes quant aux impacts de cette arrivée d’eau continue sur l’écosystème du lac en raison de :

  • La dénivellation importante entre le niveau du fleuve et celui du lac
  • La faible profondeur moyenne du lac (3,1 mètres)
  • L’épaisse couche de sédiments accumulée au fond du lac, dont la surface est constituée de sédiments non consolidés, donc volatiles.

BIOREMÉDIATION

La bioremédiation propose l’utilisation de microorganismes pour dépolluer les eaux. En théorie, cette technique fonctionne dans le traitement des sols contaminés. En pratique,  nous ne savons pas si elle peut être appliquée à l’eau du lac Saint-Augustin. À notre connaissance, cette technique n’a pas été testée sur l’eau des lacs eutrophes. On doit alors penser à un processus scientifique qui donnera des résultats fiables. Il s’agit de commencer par une étude en laboratoire, suivi d’un projet pilote, pour éventuellement faire des essais à grande échelle.

Une démarche scientifique sérieuse a plus de poids auprès des bailleurs de fonds potentiels à qui on demande un appui financier pour chaque étape. 

Il reste que le volume du lac Saint-Augustin est estimé à 2,38 x 106m3. Ça fait beaucoup d’eau à traiter, sans compter que les robinets d’apports en phosphore sont toujours ouverts !

AÉRATION

Si les poissons meurent en raison du manque d’oxygène dissous et que les jours de calme plat favorisent l’apparition des floraisons d’algues bleu-vert, il est logique de penser que l’aération et la circulation artificielle de l’eau
pourrait régler bien des problèmes au lac Saint-Augustin.

Dans un avis à ce sujet du ministère de l’Environnement (2003), on mentionne que dans les lacs eutrophes peu profonds et non stratifiés où l’interface eau-sédiment est habituellement bien oxygénée, le relargage du phosphore à partir des sédiments est particulièrement important. Le lac Saint-Augustin possède toutes les caractéristiques mentionnées ci-haut. 

Le Ministère ajoute : « Par conséquent, dans de telles conditions, on ne peut
s’attendre à ce que le relargage du phosphore soit réduit par la circulation artificielle de l’eau. De plus, même si le relargage du phosphore et la concentration de celui-ci dans l’ensemble du lac étaient réduits par la circulation artificielle, la concentration de phosphore dans la zone photique (zone de surface où la lumière pénètre) pourrait quand même croître et stimuler la croissance d’algues. Par conséquent, la profondeur du plan d’eau est un critère très important à considérer lorsque vient le temps d’envisager la circulation artificielle comme moyen de contrôle des problèmes de production d’algues microscopiques (phytoplancton) et de relargage de phosphore.

Le Ministère conclut : En bref, les équipements servant à la circulation et à l’aération artificielle de l’eau des lacs qui impliquent un brassage et une déstratification de la colonne d’eau ne sauraient être recommandés dans les cas suivants :

  • Pour oxygéner les lacs eutrophes peu profonds (profondeur moyenne de moins de 3 mètres) et non stratifiés;
  • Pour contrer l’envahissement du lit des lacs par les plantes aquatiques;
  • Pour empêcher le relargage du phosphore par les sédiments :
    • dans les cas où le recyclage interne du phosphore provenant de la couche anoxique du lac ne constitue pas la source principale de cet élément;
    • dans les cas où le relargage du phosphore n’est pas contrôlé par les complexes hydroxy-ferriques (lacs aux eaux dures et lacs acides);
    • dans les cas où le relargage du phosphore est lié à la  décomposition aérobie de la matière organique ou associé à des sédiments floculeux constitués d’une forte proportion d’eau et de matière organique.