La réduction des engrais et des pesticides

Les ENGRAIS  sont utilisés dans le bassin versant soit pour des fins esthétiques en milieu urbain, soit pour la production végétale en milieu  agricole. Le surplus d’engrais que les plantes n’utilisent pas pour leur croissance est susceptible de se retrouver dans les cours d’eau avoisinants. L’engrais se solubilise et peut alors être acheminé au lac Saint-Augustin par le réseau hydrographique. Les engrais sont aussi attachés aux particules de sol. L’érosion apporte alors au lac du sol et éléments nutritifs contenus dans les engrais.

Naturellement, il y a de faibles concentrations d’éléments nutritifs, comme le phosphore et l’azote, dans l’eau du lac Saint-Augustin. Si des engrais se retrouvent dans son eau, ces nutriments favoriseront la prolifération des plantes aquatiques et des algues bleu-vert qui sont déjà présentes dans ce milieu.

Plus il y a d’engrais dans l’eau du lac, plus il y aura de végétation et de biomasse à décomposer à la fin de vie des plantes. La décomposition de cette biomasse utilise l’oxygène dissous dans l’eau, au détriment des besoins des poissons. Tout ce cycle amène des conditions dans l’eau du lac, qui sont propices à une compétition pour son oxygène dissous, ce qui peut mener à des mortalités massives de poissons.

DANS LE BASSIN VERSANT, SVP. ADOPTEZ LA PELOUSE DANS ENGRAIS NI PESTICIDES, POUR LA REVITALISATION DU LAC SAINT-AUGUSTIN.

Voici quelques trucs simples ! ↓

L’HERBICYCLAGE

La pelouse parfaite est grande consommatrice d’engrais et de pesticides ce qui est incompatible avec un milieu naturel comme le lac Saint-Augustin. On peut réduire à la source ces engrais à vocation esthétique en adoptant la pelouse naturelle sans engrais ni pesticides. Remplacez les sacs d’engrais de synthèse par un engrais totalement naturel et gratuit, les feuilles de gazon !
Autrement dit, faites de l’herbicyclage ! On laisse sur place les rognures de gazon, ce qui nourrit la pelouse avec juste les bonnes quantités d’éléments nutritifs, pas trop car l’excédant se retrouve…dans le lac Saint-Augustin.

Dites adieu au sac attaché à votre tondeuse ! Allez, faites le grand saut !

Le lac Saint-Augustin vous dit MERCI !

Les PESTICIDES  sont  utilisés dans le bassin versant soit pour des fins esthétiques en milieu urbain, soit pour la production végétale en milieu  agricole. Ils sont conçus pour être toxiques afin de combattre les ennemis des cultures, surtout quand on implante des monocultures comme la pelouse ou les cultures agricoles. Les monocultures sont des systèmes fragiles qui n’existent pas dans la nature.

Les pesticides peuvent aussi avoir des effets indésirables sur les organismes non ciblés comme la faune, les agents de pollinisation (abeilles), les végétaux indigènes, les micro‑organismes du sol et les humains. L’écosystème aquatique du lac Saint-Augustin est particulièrement vulnérable aux pesticides qui proviennent de son bassin versant. 

C’est pourquoi, on vise de plus en plus, à réduire leur usage notamment ceux utilisés à des fins esthétique et les remplacer par l’arme principale utilisée par la nature pour combattre les ennemis des cultures : la biodiversité.

Au Canada, le domaine des pesticides est de compétence partagée entre le gouvernement fédéral, les gouvernements provinciaux et territoriaux et les instances municipales.  Le gouvernement fédéral contrôle notamment l’homologation, la mise en marché et l’étiquetage des pesticides. Les provinces et les territoires peuvent réglementer la vente, l’utilisation, l’entreposage, le transport et l’élimination des pesticides homologués par le gouvernement fédéral. Ils ont également le pouvoir de restreindre ou d’interdire, dans leur champ de compétence, l’usage de produits homologués. Pour leur part, les municipalités ont le pouvoir d’établir une réglementation plus poussée, principalement au chapitre de l’utilisation des pesticides en milieu urbain, en tenant compte de leurs particularités locales.

23 janvier 2023 : Plénier de la Ville de Québec concernant le projet de règlement sur l’utilisation extérieure de pesticides

 https://www.youtube.com/embed/TQZnxyulQGE

LA TONTE À 7 CM OU 3 POUCES

Plus le feuillage du gazon est tondu à une hauteur élevée, plus ses racines poussent en profondeur. La hauteur idéale est de 7 cm (3 po).  Une pelouse haute et dense permettra de réduire la lumière qui pénètre jusqu’au niveau du sol et qui  est nécessaire pour la germination des mauvaises herbes. Le sol demeurera également frais et humide plus longtemps. Cette hauteur de tonte permet aussi de maintenir un taux d’humidité plus longtemps dans le sol. Plusieurs plantes à fleurs ne tolèrent pas une tonte rase régulière, mais à 7 cm, elle peuvent s’épanouir pour assurer une meilleure biodiversité dans votre pelouse.

Saviez-vous que tondre la pelouse à 3 pouces ou 7 cm a un certain effet sur la présence de mauvaises herbes car les graines ont moins de lumière pour germer. Cette hauteur de tonte permet aussi de maintenir un taux d’humidité plus longtemps dans le sol.

Source : https://www.environnement.gouv.qc.ca/pesticides/jardiner/pelouses.htm

ARRACHER MANUELLEMENT LES MAUVAISES HERBES

Biodiversité ne rime pas nécessairement avec « champ de pissenlits ». Si vous ne tolérer pas les pissenlits, qui, faut-il le dire, est une plante  envahissante, il existe dans les quincailleries et les centres-jardins, de très bons outils pour les arracher facilement.

Pas juste le pissenlit, mais aussi le plantain et toutes les mauvaises herbes qui poussent en rosettes.

Le secret : LA RÉGULARITÉ. Évitez de perdre le contrôle. Dès qu’un ou deux pissenlits laissent découvrir leur fleur jaune, PAF! On identifie la rosette de feuilles du plant et HOP! Plus de pissenlits !

Astuce : L’arrachage est plus facile après une pluie !

arrache pisenlit 1
Arrachage manuelle des pissenlits
Source : http://www.pelousedurable.com

LA BIODIVERSITÉ DANS LA PELOUSE

La pelouse naturelle présuppose qu’on tolère la biodiversité contrairement à la pelouse parfaite qui admet la culture d’un seul type de plantes sur une superficie importante. Une monoculture est toujours plus fragile et sujette aux ravageurs qu’une pelouse naturelle. Par exemple, si une punaise terne qui préfère les graminées du gazon, s’installe dans une pelouse parfaite, elle va la dévaster entièrement ou du moins faire beaucoup de dommage. Par contre, si votre pelouse est constitué de trèfle, de prunelle, de lotier et autres vivaces en plus de la graminée de gazon, la punaise ne mangera qu’une partie de votre pelouse, les autres couvre-sol vont survivre.

La biodiversité est le moyen naturel qu’a trouvé Dame Nature de se protéger des ravageurs !

LA NATURE A HORREUR DES VIDES !

Si la punaise a ravagé un coin de votre pelouse, et que vous ne voulez pas que les mauvaises herbes s’y installent, il faut rapidement semer la ou les plantes que vous voulez. C’est aussi l’occasion de bonifier la biodiversité. D’abord, on  rajoute un peu de bonne terre et on la mélange avec le sol en place, puis on sème du trèfle ou du lotier ou du thym. On couvre à peine les petites graines et on arrose. On doit garder la terre humide jusqu’à la germination.

Le trèfle pour la biodiversité dans la pelouse...et pour les abeilles

ÉCONOMISEZ L’EAU

N’arrosez pas la pelouse établie, elle entre en dormance durant la sécheresse et reverdit lorsque la pluie revient. La plante récupère toutes les ressources de ses feuilles et les emmagasine dans ses racines. C’est pour ça que son feuillage jaunit, mais la graminée ne meurt pas !