Les symptômes : Les algues bleu-vert

INTERVENIR POUR CONTRÔLER LES ALGUES BLEU-VERT

Le premier symptôme visible de l’eutrophisation du lac Saint-Augustin est sans contredit, la présence récurrente de cyanobactéries  aussi connues sous le nom d’algues bleu-vert. Ce sont des végétaux microscopiques primitifs qui vivent naturellement dans nos plans d’eau. Comme toutes les plantes, elles ont de la chlorophylle capable de photosynthèse qui produit des molécules organiques et de l’oxygène à partir de l’énergie solaire. Les cyanobactéries transforment aussi l’azote de l’air en ammonium et en nitrates qui sont utilisés par les plantes comme engrais.

Ce qui les attirent au lac, c’est le phosphore qu’elles ne peuvent pas produire. Les cyanobactéries deviennent problématiques lorsqu’elles sont trop nombreuses. Quand les conditions sont réunies (température de l’eau élevée, faible vents et présence abondante de phosphore dissout dans l’eau), elles s’agglutinent ensemble en amas plus ou moins importants. Elles deviennent alors visibles à l’oeil nu sous forme de fleurs d’eau ou de floraisons de cyanobactéries. L’eau prend alors une couleur verte ou turquoise. Certaines floraisons produisent des toxines (cyanotoxines) qui peuvent être dangereuses pour la santé humaine et animale.

Les plantes aquatiques

INTERVENIR POUR CONTRÔLER LES PLANTES AQUATIQUES

L’autre symptôme qui trahit l’excès de phosphore dans le lac, ce sont les plantes aquatiques qui y prolifèrent  car elles ont un bon substrat pour s’ancrer et beaucoup d’éléments nutritifs dissouts dans l’eau en plus de ceux  emmagasinés dans les sédiments (le substrat).

La plante à feuilles émergées la plus connue au lac, c’est la quenouille dont la présence est mentionnée dans les études  dès 1979. C’est une plante indigène au Québec. Aujourd’hui, on constate que la quenouille au lac, a tendance à former de grands massifs denses. On les observe surtout sur les rives du secteur nord du lac, là où la pente est plus douce. Ces massifs peuvent engendrer pour les riverain-es des pertes d’usage et d’accès au lac et ils ne constituent pas vraiment un habitat propice à la faune.

Les nénuphars, des plantes indigènes à feuilles flottantes, prolifèrent surtout aux deux extrémités du lac, là où l’eau est peu profonde. Ces massifs entravent la navigation motorisée mais constitue un milieu de vie pour la faune ailée.

La plante à feuilles submergées la plus connue au lac est en fait,  une plante exotique envahissante. Le myriophylle à épis vient d’Eurasie et a été introduit dans les lacs du Québec par la circulation des embarcations. Le myriophylle a graduellement remplacé l’élodée, une plante indigène à feuilles submergées. Aujourd’hui, le myriophylle est bien implanté presque partout sur le littoral du lac. Il se multiplie très facilement grâce à des fragments de tiges coupés. Il n’y a pas lieu d’intervenir directement pour atténuer sa prolifération, il faut plutôt agir en amont sur les sources et fermer le robinet des apports en phosphore. Même approche pour les  quenouilles et les nénuphars. Ce sont des plantes indigènes  qui font maintenant partie de l’écosystème du lac Saint-Augustin.

Les mortalités de poissons

INTERVENIR POUR PRÉVENIR LES MORTALITÉ MASSIVES

En juin 2020, la lac a connu une mortalité massive de poissons. En quelques heures, plusieurs espèces de poissons flottaient à la surface ou étaient échoués sur les rives du lac. Des poissons de tailles différentes.

Généralement le poisson meurt en raison d’un manque d’oxygène dissout dans l’eau en raison d’une température très élevée.

Pour comprendre ce phénomène, il faut se référer à la stratification thermique d’un lac, c’est-à-dire la différence de température entre la surface et l’eau profonde.

Or, au lac Saint-Augustin, il n’y a généralement pas de  stratification thermique persistante, car il est peu profond et exposé aux vents, ce qui assure un mélange des couches d’eau.

En plus, son état avancé d’eutrophisation fait en sorte qu’il est bien nourri en éléments nutritifs. La vie végétale (plantes aquatiques et cyanobactéries) y est abondante. Cette biomasse n’est pas éternelle, elle meurt et devient de la nourriture pour une population de microorganismes décomposeurs qui ont besoin d’oxygène pour faire leur travail.

La décomposition des plantes compétitionne alors pour l’oxygène dissout avec la demande provenant des poissons. Si les conditions sont réunies, c’est la population des poissons qui écope.

La solution, l’aération du lac ? Le lac Saint-Augustin possède un volume d’eau estimé à environ 24 000 000 mètres cubes.

Le vrai problème : La mauvaise qualité de l'eau

 Si l’on veut intervenir sur les symptômes, on doit s’attaquer au facteur dans l’eau du lac qui est responsable de leur apparition. Dans le cas du lac Saint-Augustin, l’excès de phosphore dissous dans son eau favorisent la croissance des plantes aquatiques et des algues bleu-vert. Indirectement, l’abondance de  phosphore contribue aux mortalités massives de poissons.

Les concentrations de phosphore dans l’eau du lac en 2015
La concentration de phosphore définit le niveau trophique d'un lac

Certaines solutions envisagées pour l’amélioration de la santé environnementale du lac visent principalement à réduire la concentration du phosphore dans son eau. Ces options sont généralement couplées avec des avenues pour la réduction de l’impact du phosphore contenu dans l’épaisse couche de sédiments au fond du lac.